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Quand la forêt offre sa propre source de vitalité
À la fin de l’hiver, lorsque la sève remonte doucement dans les arbres, la nature se réveille. Peu de gens le savent, mais ce moment fugace, entre février et avril, est aussi celui d’un trésor liquide : la sève de bouleau. Transparente comme l’eau, presque sans goût, elle circule dans le tronc pour nourrir le bourgeon à venir. L’homme, depuis longtemps, a appris à en prélever une petite part, avec respect, pour en tirer ses bienfaits.
Riche en minéraux et oligo-éléments, la sève de bouleau est réputée pour aider le corps à se régénérer après les mois froids : elle draine, détoxifie et reminéralise. On la dit bénéfique pour le foie, les reins, la peau et même les cheveux. En cure, elle se consomme fraîche, à raison d’un petit verre à jeun chaque matin pendant trois semaines.
Mais encore faut-il savoir la trouver dans sa forme la plus pure. À Lillebonne, dans la forêt des Hauts Champs, Dominique et Florence Pinguet ont fait de cette tradition un savoir-faire précis. Sur un hectare et demi de bois mixte, où se mêlent érables, charmes et bouleaux, ils récoltent chaque année, à la montée de la sève, le précieux liquide. Ici, rien n’est transformé : la sève est simplement filtrée deux fois avant d’être mise en bouteille ou en cubi de 3 litres. C’est la condition pour préserver toutes ses vertus naturelles, contrairement aux versions pasteurisées que l’on trouve parfois sur les étals.
Importante précision : leur production est certifiée bio, condition utile pour pouvoir commercialiser la sève dans les magasins bio et ainsi la rendre accessible au public qui recherche des produits garantis sans traitements. Ces « producteurs- récoltants » vendent directement leur sève fraîche : sur les marchés de Lillebonne, Gravenchon, Fécamp ou Rouen, mais aussi via leur page Facebook. Leur produit, vendu au litre ou en cubi pour une cure complète, se conserve plusieurs semaines au frais.
Au fil des jours, la sève évolue : elle devient légèrement blanchâtre, dégage une odeur plus vive et développe naturellement des probiotiques. Un signe de vie, tout simplement. Et peut-être la plus belle preuve que la forêt, quand on la respecte, sait encore nous offrir ce dont nous avons besoin pour bien démarrer le printemps.