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La taxe carbone : kezaco ?
On en entend parler partout, tout le temps, dans les médias quelle que soit leur orientation, même quand on fait nos courses. Avoir une « faible empreinte carbone » est devenu un vrai argument marketing pour toutes les marques. Pourtant, est-ce que vous savez vraiment à quoi cela correspond ?
La taxe carbone, c’est ce que chacune de nos actions « coûte » à la planète si on la convertit en équivalent CO₂ émis dans l’atmosphère. Par divers calculs, chaque geste, chaque aliment consommé, chaque déplacement effectué, et ce quel que soit le moyen de transport, peut être quantifié ainsi, ce qui nous permet de jauger l’impact qu’il aura sur l’environnement.
Aujourd’hui, un Français émet en moyenne autour de 9 à 10 tonnes de CO₂ par an, en additionnant les transports, le logement, l’alimentation, les achats et les services publics. Pour respecter l’accord de Paris et limiter le réchauffement climatique, il faudrait descendre à environ 2 tonnes par personne et par an d’ici 2050. En clair, il s’agit de diviser notre « facture carbone » par quatre ou cinq en une génération.
Dans notre quotidien, ce sont surtout les déplacements, le chauffage et l’alimentation qui pèsent lourd. La voiture reste souvent le premier poste d’émissions, surtout quand on n’a pas d’autre choix que de prendre sa voiture pour aller travailler ou faire ses courses. Un aller-retour domicile–travail d’une quarantaine de kilomètres par jour en voiture thermique représente déjà autour d’une tonne de CO₂ par an. L’avion est encore plus « cher » : un seul voyage aller-retour vers l’Amérique du Nord peut approcher, à lui seul, le budget carbone annuel qu’il faudrait viser en 2050. Le chauffage d’un logement mal isolé, surtout s’il fonctionne au fioul ou au gaz, ajoute aussi plusieurs tonnes de CO₂ par an.
L’alimentation compte également beaucoup, et en particulier la viande. Produire un kilo de bœuf émet en moyenne plusieurs dizaines de kilos de CO₂ équivalent, alors qu’un kilo de légumes ou de céréales en émet beaucoup moins. Sans devenir forcément végétarien, réduire la fréquence de la viande rouge, privilégier la volaille et les protéines végétales (lentilles, pois chiches, tofu…) et éviter le gaspillage alimentaire permet déjà de faire baisser nettement son empreinte, sans bouleverser son mode de vie.
Quand on vit en zone rurale, on ne peut pas toujours se passer de sa voiture, mais on peut limiter les trajets en regroupant ses déplacements, en covoiturant, en télétravaillant quand c’est possible, ou en choisissant un véhicule plus sobre. Ajoutez à cela quelques gestes sur le chauffage, l’isolation et l’assiette, et la fameuse taxe carbone devient moins abstraite : ce n’est plus seulement un chiffre sur un ticket de caisse, mais un outil pour voir où agir en priorité afin de passer progressivement de 10 tonnes à 2 tonnes de CO₂ par an, sans renoncer pour autant à une vie confortable.