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Quand le rythme des saisons dicte le goût
Saviez-vous qu’une chèvre laitière peut produire jusqu’à 3 litres de lait par jour, mais que ce volume varie selon son état et la saison ? Chaque geste de l’éleveur, de la traite à la transformation, suit ce rythme naturel.
Justine, 25 ans, a repris une ferme de chèvres laitières en 2023, après y avoir travaillé plusieurs années, d’abord dans le contrôle laitier, puis comme salariée. Quand l’ancien propriétaire a voulu vendre, elle a décidé de se lancer. Aujourd’hui, elle dirige seule la ferme, épaulée par une salariée.
À la Ferme des Colombos, le lait est transformé sur place. Fromages et desserts sont entièrement réalisés dans le laboratoire. Plusieurs variétés de crottins sont proposées : le crémeux rencontre un franc succès, tout comme la bûche cendrée sélectionnée pour le concours agricole 2026 dont les résultats seront dévoilés au Salon de l’Agriculture, où la ferme tiendra un stand sur l’espace « Eure ».
La gamme de desserts inclut yaourts nature et aux fruits, crèmes dessert aux parfums variés, dont une nouveauté à la noisette qui séduit déjà, ainsi que riz au lait et semoule. Sans conservateurs, ils se conservent environ dix jours. La production suit donc un rythme précis : fromages préparés du vendredi au mardi, desserts transformés le mercredi et le jeudi.
La ferme accueille des groupes pour visites et dégustations, notamment avec le lycée agricole ou l’office de tourisme. Les particuliers peuvent s’y promener librement les vendredis et samedis, et la boutique est ouverte le vendredi de 10h à 16h et le samedi de 9h30 à 12h. Une porte ouverte annuelle permet de découvrir la ferme avec animations et participation des enfants. Les produits sont aussi vendus sur les marchés, à Hermival-les-Vaux, à Paris et au marché campagnard estival de Cormeilles. En janvier et février, pendant les mises bas, seule l’activité de marché est maintenue.
Malgré les difficultés, notamment liées au parasitisme qui a réduit le cheptel, Justine ne regrette rien. Attachée à la transparence, elle explique : « Je respecte le rythme des animaux, ils ne sont jamais pressés. Si la quantité est moindre, c’est pour eux ». Une exigence quotidienne, portée par la passion d’un métier exercé tous les jours de l’année !