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Gribouiller pour aller mieux (et sans dépasser)
À première vue, le zentangle ressemble à un simple dessin composé de petits motifs répétitifs, souvent en noir sur fond blanc. Des lignes, des courbes, des points, des formes géométriques ou organiques qui se répètent et s’entrelacent sans logique apparente. Rien de spectaculaire, rien de « artistique » au sens classique du terme, et c’est justement ce qui peut surprendre. Pourtant, c’est précisément cette simplicité, presque minimaliste, qui fait toute la force de cette pratique issue de l’art-thérapie.
Le principe est presque déroutant tant il va à l’encontre de nos réflexes habituels : partir d’un carré vierge, tracer quelques repères au crayon, puis remplir l’espace petit à petit avec des motifs abstraits, sans modèle à copier et sans objectif de résultat. Ici, pas de dessin préparatoire ni de plan à suivre. Pas besoin de savoir dessiner, ni même d’avoir une idée précise de ce que l’on va faire. Chaque trait appelle le suivant, naturellement, et le cerveau, occupé par ce geste répétitif et concentré, lâche peu à peu prise sur le reste.
Ce qui séduit dans le zentangle, c’est l’absence totale de pression et d’enjeu. Impossible de se tromper, puisqu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise version. Une ligne un peu de travers ? Elle devient un motif à part entière. Une hésitation ? Elle s’intègre au dessin et lui donne du caractère. Beaucoup de pratiquants décrivent une sensation proche de la méditation, mais avec un stylo à la main : l’attention se fixe sur le moment présent, les pensées parasites s’estompent, le stress diminue et le rythme intérieur ralentit.
Autre avantage non négligeable : le zentangle se pratique partout et à tout moment. Une feuille, un feutre fin, quelques minutes devant soi, et c’est parti. Pas besoin d’un atelier, d’un silence absolu ou d’un matériel coûteux. Certains en remplissent des carnets entiers, d’autres glissent quelques carrés griffonnés dans un agenda, un carnet de notes ou sur un coin de bureau, comme une pause discrète au milieu de la journée.
Dans un quotidien souvent saturé d’écrans, de sollicitations et d’obligations, prendre le temps de noircir un petit carré de motifs peut sembler anodin, presque insignifiant. Et pourtant, ce geste simple devient parfois une véritable bouffée d’air, un espace à soi, hors du temps. Comme quoi, se perdre volontairement dans des lignes peut aussi être une façon de se retrouver.